A quoi servirait-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perdait son âme ?

C’est sur cette parole adressée par Jésus à ses disciples que repose tout l’édifice de la renaissance d’Eau et d’Esprit. En tant que chaînon entre l’Esprit et le corps, et par sa nature divine pure comme l’Âme-Esprit, elle est l’interprète lumineuse de l’Esprit inconnaissable et rend possible l’entrée de la force de l’Esprit dans le corps.

Sans âme pas de conscience, et de ce fait pas de liaison avec l’Esprit. C’est pourquoi jaillit comme un cri à travers l’univers entier, le désir de chaque être animé, le désir primordial de sécurité et de paix qu’expriment les paroles : « Sauve mon âme, Ô Dieu ! ».

L’exhortation au renouvellement, à la renaissance de l’âme, traverse comme un fil d’or les écrits sacrés de tous les temps, et fait tant de fois référence à cette exigence que l’on en arrive involontairement à se poser la question : « Qu’est-ce en vérité que l’âme ? ».

L’âme est un feu, un principe igné. C’est pourquoi on parle du feu de l’âme. Ce feu est de l’hydrogène brûlant dans l’oxygène. Nous savons que sans feu il n’y a pas de combustion, pas de transmutation de la matière. Dans l’homme aussi ont lieu des processus de combustion, donc de transmutation. Dans l’univers visible, appelé par Jacob Boehme : « La maison de la mort », c’est un feu impie qui est allumé, une concentration d’hydrogène qui ne brûle pas conformément au plan divin. Tout être né de cette nature porte en lui ce feu impie comme une flamme de l’âme. « Dans ce feu », dit Shankara, « sont jetés, comme dans un courant ininterrompu d’offrandes, les objets du désir, par lesquels l’univers visible vient à l’existence ». 

Le principe psychique, que l’enseignement universel appelle « Lucifer », dote l’être né de cette nature d’une conscience déterminée et d’une activité mentale et émotionnelle en conformité.

L’univers est rempli de substance originelle constituée d’atomes variés par lesquels toute la création est édifiée. Ces atomes sont polarisés avec le feu impie qui brûle dans l’être humain et leur direction indique toujours la direction propre à l’ordre dialectique de ce monde. Et comme la vie de ce monde n’est qu’une « apparence de vie » et qu’on ne peut rendre permanente une apparence, la forme corporelle s’abîme toujours à nouveau dans la mort. Et les atomes dont cette forme relève retournent à leur origine. Si donc nous voulons vaincre la mort, il faut que les atomes de notre personnalité soient réceptifs à une tout autre polarisation. Pour ce faire, il est nécessaire que nous éteignions le feu impie et qu’un autre feu psychique s’allume en nous : le Feu christique.

Au centre de notre microcosme, dans notre cœur, se trouve l’atome-étincelle d’esprit, l’atome christique qui appartient à un monde d’un autre ordre que les atomes de notre forme corporelle. Quand cet atome divin devient actif dans le cœur, il s’en dégage une force nouvelle, sanctifiante. Une lumière nouvelle commence à se manifester dans le cœur. C’est ce qu’on peut appeler la naissance de l’âme nouvelle, l’âme divine. Lorsque cette lumière nouvelle se met à briller dans notre cœur et se répand à travers notre être, tous les atomes de notre personnalité sont embrasés, et leur polarisation change progressivement, ils se spiritualisent. Il en résulte une conscience nouvelle. Ce principe spirituel qui afflue dans le corps réalise ainsi sa transfiguration.

Il faut que, premièrement, nous renaissions selon notre âme mortelle et qu’ensuite nous construisions le corps de l’âme. Alors, du « plomb » de la nature naîtra « l’or de l’Esprit ».

Extrait du Chemin Libérateur de la Rose-Croix de J.V. Rijckenborg page 18

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