Hérésies, connaissance et choix de vie

Devenu péjoratif au 4ème siècle, le mot «hairesis» signifie avant tout «choix» de conscience devant toute nouvelle impulsion divine historique, et donc «choix» renouvelé de vie.

En Occident, le mot «hairesis», qui signifie «choix», ne prend un sens juridique et répressif qu’à l’inauguration d’une orthodoxie religieuse en 325 (concile de Nicée) au service de la constitution du catholicisme en religion d’Etat. Auparavant, «hérésie» désignait des petites communautés interprétants les dogmes religieux selon des revendications d’ordre éthique.

Au 4ème siècle, une orthodoxie catholique est érigée et antidatée pour justifier sa prééminence en tant de source véritable de la chrétienté. Deviennent alors «hérétiques», toutes formes de pratiques religieuses ou philosophiques et toutes connaissances susceptibles de remettre en question les croyances «orthodoxes» de la religion au pouvoir. Mais il faut aussi mentionner une autre source de remise en question des dogmes et des croyances établis : celle d’une impulsion divine, cherchant sans cesse à garder vivant le message de salut qu’elle adresse aux hommes. A la croisée du «temps horizontal» de l’histoire et du «temps vertical» de chaque nouvelle impulsion divine, peut aussi se jouer le choix «hérétique» d’une vie selon une expérience intérieure spirituelle décisive.

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